MARIE EN FÊTES! par George Madore, monfortain

 

La Nativité du Seigneur | 25 décembre
 

marie en fete02Il nous arrive parfois d’être frappés par tous les cadeaux que le bon Dieu nous a faits, depuis les inépuisables merveilles de la nature, jusqu’aux personnes qui ensoleillent nos vies. Que de cadeaux reçus de Dieu. Mais à Noël, nous recevons non pas les cadeaux de Dieu, mais Dieu lui-même. Nous recevons le cadeau de sa présence. Il est là, minuscule, dans la crèche. Il vient habiter nos croix et nos joies, nos succès et nos échecs, nos pleurs et nos rires, nos rêves et nos déceptions. Dieu veut habiter toute notre vie. Il veut que sa présence pénètre jusqu’au moindre de nos souffles. 

De nos jours, la présence est une denrée rare. On remplace ça par des téléphones, des textos, des « J’aime » sur Facebook. Mais ça, c’est comme essayer de se nourrir seulement de croustilles et de boissons gazeuses. Ça ne nourrit pas vraiment le cœur humain, car celui-ci a faim de présence. À Noël, Dieu nous nourrit de sa présence. 

Dans le récit de Noël, Marie se fait discrète. Peu de détails nous sont donnés sur la naissance de Jésus : «Elle accoucha de son fils premier-né, l’emmaillota et le déposa dans une mangeoire» (Luc 2,7). L’Évangile veut attirer notre attention ailleurs : qui donc est cet enfant? Qui l’accueille? Comment peut-on l’accueillir? 

Apparaît alors non pas la procession des clercs et des savants, mais le cortège des pauvres et des petits. D’abord, les bergers. Voilà les premiers invités auprès du grand Roi. Car, n’ayant rien, ils peuvent tout recevoir. Ne sachant rien, ils peuvent tout apprendre. Puis, la Vierge Marie. Elle ne dit rien, mais, nous apprend Luc, «Elle retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur» (Luc 2,19). Marie nous conduit sur le chemin de l’accueil du mystère. Un chemin de silence où le grand mystère de Dieu-parmi-nous, de Dieu-l’un-de-nous, peut se déployer, nous habiter, nous transformer. 

marie en fetes04Je te contemple, ô Marie, dans ce premier de tous les Noëls. Et je me demande ce que fut pour toi cette première nuit de Noël. Sans doute une nuit de joie, comme pour toutes les mamans qui mettent au monde un bébé. Mais aussi une nuit de foi. Comme c'est étrange, Marie : en cette nuit, les bergers voient des anges plein le ciel, mais toi tu n'en vois pas. Les Mages voient un astre mystérieux, mais toi tu n'en vois pas. Tout ce que tu vois en cette nuit, c'est un petit bébé, comme tous les bébés du monde. Qui a faim et qui a froid. Et dans ton cœur, tu pressens qu'il est le fils de Dieu. 

Est-ce possible, Marie, que Dieu soit si petit que tu en fasses le tour avec tes bras? Est-ce possible que Dieu soit si fragile qu'il ait besoin de ton lait et de ta chaleur? Est-ce possible que Dieu soit si humain... qu'un jour il en mourra? 

Ô Marie, aide-moi à croire au Dieu si petit et à l'Enfant si grand...