IL N'EST PAS ENCORE TROP TARD
 par Normand Provencher, o.m.i.
 

La messe durant la pandémie

L’imprévisible COVID-19 a fermé les églises un peu partout dans le monde, même la basilique Saint­-Pierre à Rome. Durant quelques mois, aucune célé­bration eucharistique avec les fidèles. Un vide a été ressenti que les messes transmises par la télévision et l’Internet n’ont pas comblé. Après la pandémie, des églises d’ici seront encore fermées; il n’y a plus assez de fidèles qui tiennent à se rassembler autour de la table du Seigneur. 

« Source et sommet » 

Le concile Vatican II (1962-­1965), qui a marqué l’Église par le renouveau liturgique, déclare que «le sacrifice eucharistique est source et sommet de toute la vie chrétienne» (Constitution sur l’Église, 11). À la suite du Synode romain de 2005, Benoît XVI a publié Le sacrement de l’amour sur «l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Église». Dans ce sacrement s’actualise l’amour «le plus grand», celui de Jésus qui aime jusqu’au don de son corps et de sang. «Grâce à l’Eucharistie, précise Benoît XVI, l’Église renaît sans cesse.» Voilà la source! L’annonce de l’Évangile et les divers ministères ont comme objectif d’édifier des com­munautés qui célébreront l’Eucharistie. C’est le sommet de la mission de l’Église. 

La messe est la source qui ne se tarit pas. Et le sommet nous est destiné, ce moment privilégié de rencontre du Ressuscité, même si nous vivons dans la plaine avec nos fragilités et une foi de plus en plus dépouillée. Entre la source et le sommet, il y a un vaste espace pour faire mémoire de Jésus, qui a lavé les pieds de ses disciples lors de son dernier repas. «Vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres» (Jean 13,14). Il y a bien des manières de faire ce geste, à la portée de tous les baptisés, qui est aussi un mémorial du Christ qui a aimé jusqu’au don de sa vie. À l’audience du 10 juin dernier, le pape François affirme que nous sommes appelés à la recherche de la personne du Christ devant le tabernacle à l’église, «mais aussi au sein des tabernacles que sont les derniers, les personnes souffrantes et seules, les pauvres». 

La présence du Christ 

il nest jamais trop tardPour beaucoup de catholiques, le cœur de la messe est la présence du Christ dans l’hostie consacrée et la communion. Le concile de Vatican II propose d’élargir le mystère de la «présence réelle» (Consti­tution sur la liturgie, 7). Le Christ est présent dans la personne du ministre et, «au plus haut point», dans le pain rompu et la coupe partagée. Il est là dans la Parole proclamée, «car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures», et aussi dans l’assemblée, lui qui promet que lorsque deux ou trois sont rassemblés en son nom, il est au milieu d’eux (Matthieu 18,20). Nous avons donc à nous familiariser aux diverses manières pour le Christ de se rendre présent. 

Le confinement étant moins rigide, nous avons l’occasion de participer à la messe. Qu’elle devienne un rassemblement de baptisés attentifs à accueillir la Parole et heureux de rendre grâce autour de la table du Seigneur! La messe se termine par un envoi. Ne restons pas confinés à l’église pour ado­rer; au contraire, allons dans nos milieux pour mettre en œuvre concrètement ce que nous avons célébré. Ainsi, toute notre vie devient eucharistique, une vie qui rend grâce à Dieu le Père et qui se donne aux autres en mémoire de Jésus.