SANCTUAIRE EN MARCHE
 par Martin Yelle, Directeur de la mission, Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

L'amour et non les sacrifices

Sanctuaire en marche01Au lendemain de l’annonce de la fermeture des lieux de culte du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap en mars dans le but de contenir la propagation de la COVID-19, j’observais des personnes gravissant la pente douce menant à la basilique et revenant, l’air déçu d'avoir rencontré une porte fermée. Des personnes de tous âges, malgré la recommandation de rester chez soi, se promenaient sur le site, errant sans trop savoir où aller. «Jésus voit les foules et son cœur est plein de pitié. En effet, les gens sont fatigués et découragés comme des moutons qui n’ont pas de berger» (Matthieu 9,36).

La consigne de distanciation sociale laisse un vide. Sur le plan pastoral, nous désirons nous faire proches, mais cela est plus difficile. Cette retraite obligée permet un questionnement et invite à inventer de nouvelles pratiques pour la mission du Sanctuaire d'être toujours plus un havre de paix et un phare spirituel

Solidarité et miséricorde 

Cette période de jeûne eucharistique prolongée a des effets sur les habitudes de nombreux croyants qui fréquentent la communauté chrétienne régulièrement. Il y a un défi certain de nourrir sa vie spirituelle avec d’autres alors que l’ecclesia, l’assemblée, se voit touchée au cœur par la distance physique et la difficulté de se rassembler. 

Malgré cela, une solidarité et une attention à l'autre, peut-être jamais expérimentées auparavant, se mettent à émerger. On ne peut plus penser uniquement à soi. Nous devons considérer la communauté humaine, le corps social comme une réalité à laquelle on n’avait peut-être jamais eu l’occasion d’accorder autant d’importance. 

Nous devenons tous porteurs d’une attitude évangélique essentielle : prendre soin de l’autre. Ce regard miséricordieux nous fait vivre d’une manière éloquente l’eucharistie et ce que signifie être le corps du Christ au cœur de la communauté humaine où nous existons. Comme l'écrit si bien Paul, «si une partie du corps souffre, toutes les autres parties souffrent avec elle» (1 Corinthiens 12,26). 

Porter ensemble ce qui est lourd 

Le mois de juin est traditionnellement consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Une représentation du Christ dans le mystère de son amour pour l’humanité. Il nous invite à nous approcher de lui avec nos peines, nos épreuves et à déposer devant lui nos difficultés. Le Christ nous invite à collaborer à cela en nous souciant de notre prochain, en étant attentif, présent, soutenant.

Marie nous accompagne dans cette mission et nous trouvons du réconfort auprès d’elle comme l’exprime l’antienne mariale Sub tuum : «Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.»