Pensées spirituelles

Un mois avant la canonisation du frère André, nous vous proposons 30 pensées tirées du livre Frère André disait souvent… Éditions Fides 2010.

Voyez la nouvelle SECTION BLOG par M. Jérôme Martineau

Ne manquez pas les nouveaux coups de coeur de JUILLET 2010 de François Gloutnay ainsi que les autres liens revisés...


Sommaire juillet-août 2010

Premier mot
 Ces grands sportifs de Dieu 
par Paul Arsenault, o.m.i.

En bref
Des informations diverses et des livres suggérés.

Entrevue
La foi des jeunes 
Une entrevue avec Dany Dubois, animateur auprès des jeunes adultes
et ex directeur de Québec Ixthus, un centre d’évangélisation pour les jeunes adultes.
Propos recueillis par Jérôme Martineau

Chemins d'évangile
Ne laissons pas mourir le feu !

par Paul Arsenault, o.m.i.

Reportage
Policier : un métier collé aux valeurs évangéliques
Un reportage de Chantal Larochelle avec M. Michel Beaudoin, directeur de l’École nationale de police du Québec à Nicolet.

Spiritualité
Des instants de bonheur au cœur de la nature

La nature favorise une expérience spirituelle profonde. 
Par Jérôme Martineau

Répondez-moi
Une contradiction biblique ?

par Paul-Émile Landry

Marie
Le regard de la Vierge

Par Georges Bernanos

Mon âme a soif
Apprivoiser la vieillesse 
Par Paul Longpré

Reportage PDF Imprimer Envoyer

L’aide des chrétiens pour la Terre Sainte

Les Franciscains de Terre Sainte, fils spirituels de François d’Assise, sont un des grands propriétaires fonciers de la ville de Jérusalem. Loin d’être une trahison de leur vocation d’Ordre mendiant, cette «œuvre des Maisons et loyers» est tout entière  consacrée à la chrétienté locale. Cet effort, initié dès le XVIe siècle, connaît une nouvelle impulsion depuis 1966. Pourquoi et comment cette œuvre est-elle née?

Par Paul Sylvestre

Quartier résidentiel de la ville de Jérusalem. Il y avait en 2009, 14 000 chrétiens dans cette ville dont 2 600 religieux. On y compte sur ce nombre 4 500 catholiques. Par contre la population musulmane se chiffre à 230 000 habitants. La population totale de la ville de Jérusalem était en 2008 de 760 000 habitants.


Au temps de l’Empire ottoman (turc), entre 1517 et 1917, on excluait les chrétiens de tout travail rémunérateur. En conséquence, il leur était impossible de louer un appartement, encore moins de posséder une demeure. À cette époque, les Franciscains, conscients de l’importance du problème, commencèrent à acheter des maisons, à en louer, voire en construire pour pouvoir y loger des chrétiens, spécialement à Jérusalem.

La fourniture de maisons pour les chrétiens est une œuvre sociale que les Franciscains ont considérée être d’une importance vitale pour la survivance du christianisme en Terre Sainte. Depuis le 13e siècle, où ils se sont installés en Terre Sainte et où l’Église les a chargés de la garde des Lieux Saints, ils ont compris que c’était le meilleur moyen d’éviter l’émigration massive des chrétiens et la disparition de cette présence vivante de l’Église. Sans les chrétiens, les sanctuaires qui rappellent les Lieux Bibliques «où Jésus a passé», seraient de simples musées, puisque manqueraient les «pierres vivantes» que sont les croyants.

Les siècles ont passé et le problème est récurrent. Aujourd’hui encore, pour un jeune couple qui vient de fonder un foyer, il est quasi impossible d’acquérir une propriété. À Jérusalem, juifs et musulmans sont engagés dans une course folle pour l’acquisition de terrains. Mais on s’est aussi rendu compte qu’il fallait que les maisons une fois achetées demeurent propriétés de la custodie afin d’éviter que les locataires ne cèdent leur logis à des amis ou ne le vendent à des musulmans ou à des juifs.

La Custodie loge 2000 chrétiens

Actuellement, dans la Vieille Ville de Jérusalem, la Custodie possède quelque 400 logements. Elle est propriétaire de la plupart d’entre eux mais continue aussi d’en louer une quarantaine. Quelque 2000 chrétiens en sont les bénéficiaires. Ces maisons sont attribuées gratuitement ou pour un loyer assez symbolique. On invite les locataires à signer un contrat de location. Depuis 2007, tous ces contrats ont été mis à jour. Ces logis ont besoin d’être entretenus. Constamment, des réparations s’imposent, à cause de la négligence de certains locataires, de la surpopulation des logements et des exigences hygiéniques.

En outre le Saint-Siège, en 1984, a pressé la Custodie de créer de plus en plus de conditions favorables aux chrétiens, afin de freiner leur émigration vers les pays occidentaux. Pour répondre à cette attente, ces trente dernières années, la Custodie a été le maître d’œuvre de centaines de logements.

À Beit Hanina, 42 logements sont disponibles dont le loyer est fixé au tiers du prix du marché. La custodie tient à ce que les bénéficiaires participent aux frais d’entretien selon leur possibilité. Ce projet a coûté 3 254 017 dollars américains. Le tiers a été payé par la Province franciscaine de l’Immaculée-Conception des États-Unis. À Saint-Jean d’Acre : 16 appartements, à Béthanie : 20 appartements et à Er-Ram, 18 appartements. À Bethphagé, une résidence de 72 appartements est disponible. Le coût de sa construction – aux normes israéliennes qui notamment imposent la réalisation, par appartement d’une chambre entièrement blindée – s’est élevé à 10 millions de dollars. Depuis ces deux dernières années, des travaux de restauration sont en cours dans de nombreuses habitations de la vieille ville de Jérusalem

Le cas Bethléem

Jusqu’en 1948, la ville de Bethléem était chrétienne. Depuis la guerre de l’Indépendance, des gens sont arrivés des camps de réfugiés et de la ville d’Hébron. Aujourd’hui, les chrétiens ne représentent plus que 12% de la population. Les musulmans ont acquis beaucoup de terrains et Israël avant la construction du Mur, avait déjà confisqué 20% des domaines en faveur du Grand Jérusalem. Le Quartier de l’Enfant-Jésus compte 36 appartements où habitent 180 Palestiniens chrétiens. Le pape Jean-Paul II a tenu à défrayer le coût de l’un de ces immeubles. Dans ce complexe d’habitations, on trouve un espace pour les jeux, pour le garage et pour un centre social. Depuis, trois autres immeubles ont été livrés aux chrétiens de la ville.

Il faut l’aide de l’Église

Dans cette course frénétique des musulmans et des juifs pour posséder des maisons dans la partie arabe de Jérusalem, les édifices sont devenus un élément important du statut politique et religieux de la Ville Sainte. Plusieurs perdent leur logement pour des raisons de sécurité ou encore comme punition pour avoir construit sans permis, lesquels ne sont délivrés qu’au compte-gouttes. Le comité israélien contre la construction de maisons estime que 24 145 maisons palestiniennes ont été démolies depuis 1967 en Cisjordanie. Depuis 2007, en Cisjordanie, 5 026 maisons ont été détruites et à Jérusalem-Est, 165 maisons ont été rasées en 2007 et 2008 sur les 1436 ordres de destructions délivrés ces deux mêmes années. Cet été, le maire israélien de Jérusalem aurait accepté le projet de résolution de démolition de 30% des 15 000 à 20 000 maisons construites sans permis dans la partie Est de la ville. Les 70% restant auront un statut temporaire.

Le logement à Jérusalem traduit les tensions politiques qui secouent le pays. Et alors que les juifs et les musulmans sont largement aidés par leurs coreligionnaires du monde entier, l’Église grâce à ses bienfaiteurs pour la Terre Sainte, est la seule à pouvoir aider les chrétiens car l’aide des États européens, autrefois chrétiens, profite, en bout de ligne, plus souvent aux musulmans et aux juifs qu’aux chrétiens. 

Ainsi, quand vous entendez parler de la collecte pour les Lieux saints le Vendredi saint, sachez qu’une part de vos dons servira à l’œuvre des Maisons et loyers de la custodie. Sans votre aide, rien de tout cela ne serait possible, sans le soutien de votre prière.

(L’auteur de cet article est le père Paul Sylvestre o.f.m. Il est d’origine québécoise et il travaille à Jérusalem. Il est extrait de la revue Terre Sainte.)

 

Les canadiens contribuent largement à loger des chrétiens

Grâce à la collecte du Vendredi saint et des offrandes pour la Terre Sainte, le commissariat de Terre Sainte d’Ottawa peut verser annuellement, depuis une dizaine d’années, plus de deux millions de dollars à la Custodie de Terre Sainte. Le premier projet qui reçoit de l’argent est celui des Centres de formation pour les jeunes religieux. Les sanctuaires de Terre Sainte bénéficient eux aussi de cet argent. Des travaux de l’ordre de 200 000$ ont été réalisés à l’église Sainte-Catherine de Bethléem. Une autre somme de 350 000$ a servi pour le Sanctuaire de Saint-Jean-du-Désert. 

Tracasseries administratives

Des rénovations effectuées par la custodie sont tombées sous le coup d’un ordre de destruction. La Custodie n’est pas la seule à subir ce genre de tracasseries. Plusieurs propriétés chrétiennes de la Vieille Ville connaissent le même sort. La Custodie avait procédé à la construction d’une extension de 30 mètres carrés à un bâtiment sans obtenir de la ville le permis et cela après plusieurs demandes. Maintenant, c’est toute la maison qui est menacée de destruction.

Dans le même temps, des colons israéliens ajoutent deux étages à une maison du quartier chrétien sans permis. Ils outrepassent les règles d’urbanisme interdisant de construire plus haut que les remparts de la ville de Jérusalem. Les travaux se poursuivent sans souci. Un «deux poids deux mesures» exaspérant pour tous les Palestiniens.