MARIE EN FÊTES! par George Madore, monfortain

 

Le Cœur immaculé de Marie | 9 juin
 

« À qui le p’tit cœur après neuf heures? »

Qui n’a turluté cette chanson de Roger Miron? Le cœur apparaît souvent dans nos chansons et nos conversations! Car ce mot exprime quelque chose de fondamental en nous, la source de nos joies, de nos choix, de nos peines.

DEUX CŒURS QUI SE CHERCHENT

Marie en fetes 01

Il est dommage qu’une certaine théologie nous ait plus présenté le dieu des philosophes que le Dieu de la Bible. On nous le présentait comme une sorte de super-ordinateur, froid, distant, qui gérait la mécanique compliquée de notre monde. Or, toutes les pages de la Bible démentent une telle vision de Dieu. De la Genèse à l’Apocalypse, Dieu apparaît comme un amoureux. S’il a créé l’être humain, c’est pour vivre avec lui une relation d’amitié profonde, éternelle. Et quand celui-ci s’éloigne de lui, Dieu souffre: « Vais-je t’abandonner, Israël? Non! Mon cœur se retourne contre moi, mes entrailles frémissent » (Osée 11,8).

Si la Bible nous parle ainsi du cœur de Dieu, elle est plus nuancée à propos du cœur de l’être humain. D’une part, il peut aimer, passionnément : « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, car fort comme la Mort est l’Amour », dit la bien-aimée à son bien-aimé (Cantique des cantiques 8,6). Mais il faut bien le reconnaître, notre cœur est capable du pire : « Le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse », affirme l’auteur de la Genèse, un peu désabusé (8,21). Mais Dieu ne lâche pas : il veut nous guérir et nous donner « un cœur de chair et non de pierre » (Ézéchiel 11,19).

DEUX CŒURS QUI SE RENCONTRENT 

En Jésus, l’amour de Dieu a pris chair. Il a fait battre de joie et de peine le cœur du Christ. Il l’a conduit au don total : « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’extrême » (Jean 13,1).

Y a-t-il eu un cœur humain qui ait su répondre parfaitement à l’amour du Christ? Notre foi affirme que oui. Une femme l’a accueilli dans toute sa vie, l’a aimé, l’a suivi de la crèche au Calvaire. Le cœur de Marie est un grand oui à l’amour du Christ, un oui parfait, un oui « plus jeune que le péché » (Georges Bernanos).

La fête du Cœur Immaculé de Marie nous fait contempler celle qui « gardait en son cœur » (Luc 2,19.51) les paroles et les événements où Dieu nous redisait sa tendresse en son fils Jésus.