Dieu est jeuneGaudet Stephane

Vous l’avez remarqué, notre magazine aborde cette année dans ses reportages et ses entrevues des thèmes liés au Synode des évêques sur «les jeunes, la foi et le discernement vocationnel», qui aura lieu à Rome en octobre.

edito02Non, la revue Notre-Dame-du-Cap ne devient pas une publication jeunesse, ni spécialisée en vie consacrée ou en vocations. Mais dans une Église où l’on parle si souvent de ce qui ne va plus, de ce qui décline – fermetures d’églises, vieillissement des paroissiens, disparition des communautés religieuses, entre autres –, il nous a semblé qu’il ferait du bien de présenter des jeunes actifs dans l’Église, de diverses manières, et des lieux où ils sont présents.

Car oui, il y en a encore des jeunes dans l’Église, et même quelques-uns dans les communautés religieuses et les séminaires. Ils ne sont peut-être pas des millions, on ne les voit peut-être pas dans les paroisses, pourtant ils existent bel et bien. Ce ne sont pas des illuminés, mais des jeunes tout à fait sains et équilibrés. Et qui ont de belles histoires à raconter.

Il ne s’agit pas de faire du jovialisme et de minimiser la crise que connaît l’Église à notre époque. Celle-ci est à un tournant et ne sera plus celle qu’on connaît. Toutefois, la morosité, ou pire, la sinistrose, ne sont pas de mise. Tout n’est pas terminé, tout ne mourra pas. Laïques ou consacrés, ces jeunes contribuent déjà à transformer l’Église, avec leurs exigences, leurs besoins, leurs réalités. L’Esprit travaille à travers eux pour nous amener ailleurs, nous faire sortir de nos ornières. Du confort de nos habitudes. Du terrain connu.

Ceci dit, est-ce que nous acceptons, en Église, de faire place aux jeunes? Voulons-nous qu’ils nous dérangent? Qu’ils bousculent notre train-train, remettent en question tous nos « on a toujours fait comme ça »? Il faut faire confiance à l’Esprit qui est à l’œuvre. Et bien souvent, l’Esprit est déjà rendu plus loin que nous... Dieu est jeune.

En entrevue, Chantal Jodoin, directrice du Centre PRI, m’avait confié avoir été frappée par une question qui avait été posée lors d’une rencontre diocésaine en préparation au Synode de cet automne : « À part la messe, qu’avons-nous à offrir aux jeunes? » Si l’eucharistie est le « sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium, 11), la messe est un aboutissement, pas une porte d’entrée! Il faut donc offrir autre chose aux jeunes qui commencent leur vie de foi. Se peut-il que nous soyons si occupés à gérer le déclin qu’on ne se soucie plus que de la pratique dominicale?

Heureusement, il existe des milieux qui accueillent les jeunes tels qu’ils sont et essaient de répondre à leurs questionnements et à leurs soifs. C’est aussi cela, répondre aux besoins spirituels des gens d’aujourd’hui et s’adapter au monde qui change, comme l’Église l’a si souvent fait au cours de son histoire bimillénaire.

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