Allez, petites annales !

SOUVENONS-NOUS par Paul Arsenault, o.m.i.

Fondée par le bienheureux Père Frédéric, appelée alors Les Annales du Très Saint Rosaire , la revue Notre-Dame-du-Cap a 125 ans en cette année 2017. Le 1er janvier 1892, le père Frédéric écrivait: « Fasse la douce Reine du Rosaire que nous puissions publier dignement ses louanges dans ces Annales dont nous offrons aujourd’hui le premier numéro à la piété des fidèles. » Dans un format 4" par 7" et ses 20 pages bien comptées, au coût de 35 centins par année, la revue prenait son envol. Un an plus tard, le père Frédéric dira: « Oh! que nos chères Annales font du bien dans les âmes. »

Dès leur arrivée comme gardiens de ce lieu de pèlerinage en 1902, les Oblats entrevoyaient une belle vocation et un grand avenir à ces Annales . « Allez, petites Annales, écrivait le père Jonquet en 1904, partez, publiez, chantez les louanges de la Dame du Saint-Laurent. »

Sous la direction du père Gladu, en 1904, les Annales reçoivent une toilette toute neuve en rêvant qu’elle « changera peut-être avec les saisons ». En effet, le format prend de l’embonpoint avec ses 32 pages au coût de 50 sous par année et ses 7600 abonnés.

L'APOGÉE
D’une année à l’autre, d’un directeur à l’autre, d’un rédacteur à l’autre, les Annales prennent leur vitesse de croisière pour atteindre en 1955 le chiffre incroyable de 255000 abonnés et 2000 propagandistes qui en font la promotion et dénichent de nouveaux lecteurs.

Pourtant, le glas de l’âge d’or de la revue devait sonner: elle a connu, elle aussi, sa petite révolution tranquille. En effet, malgré un tirage de 103000 exemplaires au début des années 1990, la revue est allée de déclin en déclin et tire actuellement à 26500 exemplaires. Malgré tout, dans le contexte de notre société où l’informatique bat son plein, les artisans de la revue en profitent pour revoir les objectifs, évaluer le contenu, refaire sa toilette régulièrement. On peut dire sans orgueil que son contenu y a gagné malgré la chute vertigineuse de son tirage.


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TOUJOURS VIVANTE
Le jubilé du 125e de la revue Notre-Dame-du-Cap nous rappelle que l’histoire est une grande maîtresse de vie, de sagesse, elle nous aide à comprendre notre aujourd’hui, à aimer notre époque à la fois belle et troublée. L’histoire est souvent source d’inspiration pour de nouveaux défis à relever. À l’heure où l’imprimé en arrache face à l’Internet, la revue va son petit bonhomme de chemin, la tête encore en dehors de l’eau ! Elle garde l’audace de ses premiers jours, la fidélité à ses premières amours, la complicité avec ce monde que Dieu aime.

La revue Notre-Dame-du-Cap se veut un outil d’évangélisation depuis les tout premiers débuts. Le pape François appuie notre mission quand il écrit: « […] nous ne devons pas renoncer à la mission d’évangélisation mais nous devons trouver le mode de communiquer Jésus qui corresponde à la situation dans laquelle nous nous trouvons. »


CONFIANCE EN L'AVENIR
Quel sera l’avenir de la revue Notre-Dame-du-Cap ? Bien malin qui saurait le dire! Au Québec, plusieurs magazines chrétiens sont menacés de disparition. Il n’y a pas si longtemps, un directeur de la revue, Jérôme Martineau, écrivait: « La presse catholique souffre du vieillissement de ses abonnés. Cependant, ce n’est pas une raison de baisser les bras. Chaque fois qu’un média chrétien cesse de paraître, un instrument de communion humaine disparaît. Il est évident que la version papier d’un magazine comme le nôtre en a encore pour quelques années. »

De même que le grand âge et la santé parfois fragile des jubilaires n’empêchent pas la célébration de leur jubilé de mariage, de sacerdoce ou de vie religieuse, de même le grand âge et la santé de la revue Notre-Dame-du-Cap ne devraient pas nous empêcher de fêter le 125e anniversaire de son existence. Dans les milieux ecclésiastiques, à l’occasion des grands anniversaires, on disait autrefois « Ad multos et faustissimos annos »: une formule latine qui voulait souhaiter au jubilaire des années nombreuses et fructueuses! Aurons-nous l’audace d’en souhaiter autant à la revue Notre-Dame-du-Cap? La réponse se situe au niveau de notre résilience et de notre confiance en l’avenir. Nous pouvons donc redire humblement, comme le père Jonquet en 1904: « Allez, petites Annales! »

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