Se renouveler constammentGaudet Stephane

On attribue à saint Augustin la phrase Ecclesia semper reformanda est, qui signifie: l’Église se réforme sans cesse. Certains croient qu’il s’agit plutôt d’un adage d’origine médiévale. Quelle qu’en soit l’origine, des théologiens catholiques, tel Hans Küng, ont repris cette phrase dans la foulée du 2e concile du Vatican.

Il est vrai que l'Église du Haut Moyen Âge n’est pas celle de la réforme grégorienne (11e siècle), qui n’est pas celle du concile de Trente (16e siècle), qui elle-même n’est pas celle de Vatican II. Plusieurs fois, l’Église catholique a changé, en réponse aux problèmes qui se sont posés au fil du temps. L’idée que l’Église ne change pas et serait restée la même pendant deux millénaires relève plus du fantasme que de la réalité historique. L’auteure Phyllis Tickle a observé que l’Église occidentale connaît de grands bouleversements tous les 500 ans. Il n’y a pas lieu de douter que le christianisme en Occident est en train de vivre l’un d’eux.

Le père Normand Provencher, o.m.i., commence dans ce numéro une nouvelle chronique sur l’Église, intitulée « Il n’est pas encore trop tard ». Celle-ci traitera de questions actuelles et de perspectives d’avenir. Une forme d’Église tire à sa fin, mais une autre lui succédera. Le titre de la chronique exprime que ce n’est pas fini, que l’Église a un avenir. Mais elle ne sera pas identique à celle que nous avons connue.

Cette chronique et les autres nouveautés que 2018 amène montrent que, comme l’Église, notre magazine se renouvelle constamment. Sylvie Thibault, qui signait la chronique « Les p’tits bonheurs », posera désormais un regard de foi sur l’actualité dans « La beauté sauvera le monde ». Après avoir relevé le défi, pendant deux ans, de parler de la morale chrétienne sans faire la morale, le père Paul Arsenault poursuit sa collaboration à la revue avec une nouvelle chronique, « À bâtons rompus », où il livrera ses réflexions sur divers sujets. « Prier avec les psaumes » revient, mais de nouveaux collaborateurs en prennent la charge, soit les moines novices de l’abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Nazareth à Rougemont: une communauté où les moines de moins de 40 ans seront bientôt plus nombreux que leurs aînés ! J’en profite pour remercier les Carmes de Trois-Rivières, qui écrivaient dans notre publication depuis trois ans. Quant à notre spécialiste de Marie, le père montfortain Georges Madore, il présentera tout au long de l’année différentes fêtes mariales dans la rubrique « Marie en fêtes ! ».

D’autres nouveautés nous attendent en 2018, mais je n’en dis pas plus pour l’instant.

• • •

Le père Léonce Paquet, o.m.i., est décédé fin octobre à Richelieu. Professeur de philosophie et grand érudit, le père Paquet a pendant de nombreuses années assumé la révision linguistique de la revue. Nos condoléances à sa famille et à ses confrères oblats.

logo PDF