Qu'il est difficile d'aimer!

Gaudet Stephane

Avez-vous déjà vu circuler sur Internet l’adage: « Plus je connais les êtres humains, plus j’aime mon chien »? 

Gilles Vigneault a bien raison de chanter qu’il est difficile d’aimer. Nous, les êtres humains, ne sommes pas toujours aimables. J’ai moi-même de la difficulté à aimer le genre humain, parfois. Ce n’est pas que nous soyons foncièrement méchants, mais Dieu nous a voulus libres. Et avec cette liberté, nous pouvons agir égoïstement, être blessants, inconscients, médisants, désagréables… Détestables, quoi. La liberté de l’être humain le rend capable du meilleur, mais aussi du pire. Et quand ce n’est pas l’agir de l’autre qui nous blesse, c’est sa seule différence qui nous heurte.

En couple, en amitié, au travail, en classe, dans nos communautés de foi, il arrive que l’autre nous tape sur les nerfs, nous mette en colère, nous fasse mal. Si ce n’est pas toujours facile de vivre en couple, avec quelqu’un qu’on a choisi, imaginez aimer quelqu’un qu’on n’a pas choisi, qui parfois ne nous ressemble pas du tout, est très différent de soi! Beaucoup de membres de communautés religieuses m’ont avoué que le plus difficile pour eux n’était pas le célibat, mais vivre avec les autres, en communauté.

Oui, les gens sont souvent décevants. Et c’est justement parce qu’on aime les autres qu’on est déçu par eux; on ne peut être déçu par ceux qui nous indiffèrent et dont on ne s’attend à rien. C’est pourquoi ça fait si mal quand ce sont des gens qu’on aime qui nous blessent.

Quand le contact humain fait trop mal, on peut être tenté de s’isoler et même devenir misanthrope. Mais on gagne à rester ouvert aux autres, à ne pas se couper d’eux, malgré tout. « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente », écrivait Saint-Exupéry dans Lettre à un otage. Puisque notre Dieu est un être de relations, il nous a créés pour être à notre tour des êtres de relations. Dieu nous aime et souhaite que nous nous aimions les uns les autres du même amour. Le contact humain est essentiel au bonheur, personne ne peut être heureux complètement seul. De plus, c’est souvent par les autres que Dieu agit dans nos vies. C’est là le paradoxe: l’enfer, c’est les autres, mais le bonheur, c’est aussi les autres!

Si c’était facile d’aimer les autres, Dieu ne serait pas venu en Jésus pour nous dire de nous aimer! Jésus ne nous a jamais promis que ce serait facile. Mais en nous appuyant sur le Christ, nous pouvons y arriver.

Aimer vraiment, ça n’a rien à voir avec « tomber en amour », où tout semble se faire tout seul. L’amour, le vrai, demande de l’effort. Dans la même chanson, Vigneault dit: « Sans peine, il n’est point d’aimer. » Oui, aimer peut faire de la peine, mais ça en vaut tellement la peine! 

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