Guérir un monde malade

Gaudet Stephane

ÉDITORIAL par Stéphane Gaudet, rédacteur en chef de la revue Notre-Dame-du-Cap

Il y a de quoi déprimer quand on lit les journaux et écoute les nouvelles ces temps-ci. On dirait que le monde va exactement dans la direction opposée à celle qu’il devrait prendre. Toujours plus d’injustices, d’appauvrissement, de haine, de destruction de l’environnement, de racisme, d’oppression, de mort… Qu’on est loin du Royaume !

Comme si ces nouvelles déprimantes n’étaient pas assez, des politiciens, des stations de radio, des chroniqueurs et de simples citoyens en rajoutent, prônant le chacun pour soi, l’égoïsme, le darwinisme social : que les plus forts survivent et que les plus faibles crèvent. C’est à nous dégoûter de suivre l’actualité.

Notre monde va mal. Mais il faut continuer d’avoir foi en l’humanité et en l’action transformatrice de Dieu, même si c’est particulièrement difficile depuis quelque temps. Car malgré l’état dans lequel il se trouve, ce monde a été créé beau et bon. Et Dieu continue d’y agir. Il n’a pas fini de créer le monde, il crée encore, et il aime travailler avec nous. Dieu souhaite que nous soyons des collaborateurs, des co-créateurs dans son projet inachevé. Après tout, nous sommes l’Église, le corps du Christ, ses bras, ses mains. Comment pouvons-nous être des instruments de guérison dans ce monde malade qui a tant besoin de salut (étymologiquement, le mot « salut » veut dire santé) ?

La revue Notre-Dame-du-Cap tire à 25 000 exemplaires. Comme chaque exemplaire d’un magazine est lu en moyenne par 4,5 personnes, c’est donc plus de 100 000 personnes qui nous lisent chaque mois. Imaginez la vague de bien qui déferlerait si chacun de ces lecteurs, à Beauceville, Côte-des-Neiges, Ottawa, La Sarre, Tracadie, Dolbeau, Farnham, L’Étang-du-Nord, La Tuque, Limoilou, Baie-Comeau, partout où notre revue est lue, décidait de poser un geste de bonté, sans rien attendre en retour, juste pour faire du bien à autrui…

Ce que je peux faire concrètement, aujourd’hui, comme disciple du Christ, pour rendre le monde meilleur, à mon échelle, peut être très simple. Dire « je t’aime ». Passer du temps avec une personne qui ne va pas bien. Rétablir le contact avec une collègue avec qui je m’étais brouillé. Faire un don. Saluer un sans-abri au lieu de l’ignorer. Changer une habitude malsaine. Donner un coup de main à quelqu’un qui a besoin d’aide. Ne serait-ce que sourire à un inconnu sur la rue !

Tout ne dépend pas des dirigeants que nous élisons ! Nous n’avons peut-être pas les mêmes possibilités d’action que les puissants de la planète, mais nous avons quand même le pouvoir de changer les choses.

En ce mois de Marie où tout renaît et nous semble beau, rendons le monde encore plus beau par des gestes d’amour gratuits, qui reflètent l’amour gratuit de Dieu pour nous et sa présence aux côtés des personnes qui souffrent. Faisons reculer le mal et « ne nous lassons pas de faire le bien » ! (Galates 6,9).
 

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